Cette démarche dépasse le simple cri d’alarme. Le SNTT demande aux brigades de police de multiplier les vérifications sur la voie publique et de verbaliser systématiquement toute personne acheminant des voyageurs hors du cadre prévu par la réglementation.
Une concurrence jugée inéquitable
L’argument principal du syndicat repose sur l’asymétrie des contraintes pesant sur les deux catégories d’acteurs. Les titulaires d’une licence supportent le poids administratif et financier : règlement des cotisations, renouvellement des documents et soumission aux inspections. En revanche, les conducteurs recrutés via les plateformes « échappent aux mêmes obligations », déplore l’organisation.
Selon le SNTT, cette situation entraîne un recul des recettes journalières et rend les charges d’exploitation de plus en plus difficiles à absorber. À cette pression financière s’ajoute l’usure du parc roulant. Dès août dernier, le syndicat avait interpellé la présidence pour réclamer l’ouverture organisée des importations d’équipements professionnels, afin de permettre le rajeunissement des véhicules vieillissants.
Le SNTT prend soin de préciser qu’il ne combat ni l’innovation ni la modernisation des services. Son exigence porte sur une « application stricte de la loi pour tous », garantissant ainsi que chaque intervenant du secteur évolue selon les mêmes règles du jeu.
La sécurité routière constitue un autre motif déterminant. Le syndicat souligne qu’un véhicule transportant des passagers sans contrôle technique encadré, sans assurance adaptée et sans conducteur identifié expose les usagers à un risque réel. Il met en avant la nécessité de garantir la protection des consommateurs, qui ignorent généralement la situation légale du conducteur qu’ils contactent depuis leur téléphone.
Un contexte de tension
Afin de donner une portée concrète à son initiative, le syndicat a accompagné sa missive d’une liste détaillant les régions où l’activité de transport non régulée est la plus active dans les différentes wilayas. Ces emplacements, désignés comme des « points noirs », regroupent les arrêts illégaux ainsi que les endroits très fréquentés. L’organisation suggère également une collaboration directe sur le terrain : ses antennes locales affirment être disposées à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre pour repérer les infractions et soutenir les interventions de vérification.