Algérie : le FMI salue la progression de l’activité hors hydrocarbures

Lundi dernier, Omar Rekkache, directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), a accueilli une délégation du Fonds monétaire international (FMI) au siège de l’institution. Cette visite s’est déroulée en présence d’un représentant de la Banque d’Algérie et de cadres de l’agence, offrant l’occasion de faire le point sur les récentes évolutions du système d’investissement national. Les échanges ont porté sur les mesures concrètes mises en œuvre pour fluidifier les procédures, améliorer l’accompagnement des porteurs de projets et clarifier le cadre réglementaire applicable aux investisseurs.

La rencontre a également permis d’examiner la dynamique actuelle des investissements, tant nationaux qu’étrangers, dans le contexte des objectifs de diversification économique et de création d’emplois. Les deux parties ont échangé sur les moyens de renforcer la confiance des investisseurs et d’appuyer l’intégration de l’économie algérienne dans les chaînes de valeur régionales et internationales. Le communiqué de l’AAPI souligne que cette réunion illustre la volonté de poursuivre le dialogue et l’échange d’expertises afin de consolider l’attractivité du pays comme destination d’investissement.

Évaluations macroéconomiques et recommandations

À l'issue des consultations de 2026 menées au titre de l'article IV avec Alger, finalisées le 11 septembre dernier, le FMI a émis un avis positif sur la conjoncture du pays. Le rapport souligne que « les perspectives à court terme demeurent globalement favorables », en projetant une expansion de 3,8 % pour 2026, une dynamique qui « devrait rester robuste ». Cette estimation succède à une progression de 3,9 % constatée en 2025, elle-même supérieure aux 3,7 % enregistrés en 2024, des performances attribuées à une politique d'investissement public soutenue.

Hors secteur des hydrocarbures, l'activité a progressé de 4,3 % en 2025 et devrait atteindre 4 % en 2026, ce qui atteste de « la poursuite de la diversification de l’activité économique ». Malgré ces indicateurs positifs, le FMI met en garde contre l'affaiblissement des marges de manœuvre budgétaires et extérieures, facteur pesant sur les prévisions économiques. Pour y remédier, le Fonds invite les autorités algériennes à accroître les recettes non pétrolières, à optimiser l'efficience de l'investissement public et à assainir les dépenses, tout en durcissant la politique monétaire.

Pour soutenir ces réformes, le FMI préconise d’engager davantage d’efforts en vue « de l’amélioration du climat des affaires et de l’équité des conditions de concurrence entre les entreprises publiques et le secteur privé, la réduction des obstacles réglementaires et de l’informalité, ainsi que le renforcement de la gouvernance et de la transparence ». Sur le plan diplomatique, Mohamed Lamine Lebbou, ministre des Finances et gouverneur de l’Algérie à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII), a récemment rappelé lors de la 11e réunion annuelle du Conseil des gouverneurs à Doha les avancées réalisées dans le cadre réglementaire de l’investissement. Il a mis en avant le potentiel du pays pour accueillir des projets stratégiques et structurants, capables de contribuer au développement de nouvelles filières et au renforcement des capacités productives nationales.