Le projet de loi de finances pour 2027 définit un cadre budgétaire ambitieux pour l’Algérie, avec des dépenses publiques prévisionnelles s’élevant à 17 882 milliards de dinars contre des recettes estimées à 9 251 milliards de dinars. Cette trajectoire macroéconomique repose sur une hypothèse prudente, fixant le prix fiscal du baril de pétrole à 60 dollars, anticipant une croissance du PIB de 4,2 % et une inflation contenue autour de 4 %. La parité monétaire est stabilisée à 131 dinars pour un dollar, tandis que la fiscalité ordinaire hors hydrocarbures devrait progresser de 7,7 % en moyenne sur la période triennale 2027-2029, atteignant 6 598,8 milliards de dinars de rentrées.
Mobilisation des ressources humaines et offensive immobilière
La fonction publique constitue un pilier central de ce budget, qui prévoit la mobilisation de 125 675 postes. Cette enveloppe se décompose en 82 948 créations d’emplois budgétaires et 42 727 ouvertures de postes vacants, destinées à résorber les déficits d’effectifs, notamment dans les secteurs de l’Éducation nationale et de la Santé publique. L’impact financier des promotions de carrière, des nominations administratives et de la réévaluation des régimes indemnitaires pèsera sur les crédits de personnel, qui s’élèvent à 5 916 milliards de dinars. La masse salariale consolidée atteint ainsi 6 087 milliards de dinars, représentant près de 34 % des dépenses totales de l’État.
La formule location-vente constitue le pilier de ce contingent, portant à 985 000 le nombre de logements inscrits au programme « AADL 3 ». À cette composante centrale s’ajoutent 140 000 logements publics locatifs (LPL), 50 000 logements promotionnels publics (LPP) et 25 000 logements promotionnels aidés (LPA). Dans le même temps, une attention particulière est portée à la ruralité et aux régions de l’intérieur, avec la mise en place de 600 000 logements ruraux et l’octroi de 200 000 aides financières directes destinées à l’auto-construction dans les lotissements sociaux des wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux.
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Ajustements fiscaux, soutien social et infrastructures
Le texte introduit plusieurs mesures ciblées dans le secteur automobile. Les tarifs de la vignette seront relevés pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires transformés d’une puissance supérieure ou égale à 10 chevaux fiscaux et âgés de moins de six ans. Les modèles de moins de trois ans paieront 40 000 dinars, tandis que ceux compris entre trois et moins de six ans s’acquitteront de 30 000 dinars. Cette différenciation vise à corréler l’imposition à la valeur marchande de ces véhicules haut de gamme, les petites cylindrées et les véhicules plus anciens conservant leurs tarifs actuels.
L’article 168 résout la situation des véhicules d’occasion de moins de trois ans immobilisés dans les enceintes portuaires, conséquence d’un dépassement des délais d’âge légal durant le transport maritime. Le dédouanement sera possible dès lors que le retard ne dépasse pas six mois, sous réserve que le véhicule ait respecté le seuil réglementaire au moment de son embarquement initial. Une pénalité de 3 % par mois de dépassement sera prélevée sur les droits et taxes exigibles. Un dispositif transitoire analogue concernera les véhicules déjà introduits sur le territoire national avant l’entrée en vigueur de la loi.
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