Elsewedy prépare l’arrivée de véhicules électriques et hybrides en Algérie

Le groupe égyptien Elsewedy a officialisé son intention de s’impliquer dans la fabrication automobile en Algérie. Le président-directeur général, Mostafa Awad, a annoncé le lancement imminent d’un projet industriel consacré à la production de véhicules électriques et hybrides. Cette annonce marque une étape significative dans le déploiement de l’industriel sur le territoire national, où il est déjà présent via plusieurs autres secteurs.

Le dossier de faisabilité correspondant a été déposé auprès des services du Premier ministère et se trouve actuellement en phase d’examen stratégique. À ce stade, ni le calendrier de mise en service, ni le site d’implantation définitif n’ont été arrêtés. L’initiative s’inscrit dans la stratégie des autorités algériennes visant à accélérer la transition énergétique et à diminuer la dépendance aux carburants fossiles.

Une gamme hybride et électrique avec un taux d’intégration de 50 à 60 %

Le projet repose sur la commercialisation de deux modèles sous la marque « Elsewedy EZZ », déjà produite en Égypte. La gamme comprendra une version 100 % électrique et une variante hybride combinant 80 % d’électricité et 20 % d’essence. Du point de vue technique, le véhicule intègre des éléments issus de l’ingénierie allemande et chinoise. Tous les composants seront assemblés sur place, hormis le moteur.

En développant ce réseau de sous-traitance et ces chaînes d’approvisionnement automobiles, Elsewedy vise un taux d’intégration nationale compris entre 50 % et 60 %. Cette approche industrielle s’inscrit dans un programme d’investissement global de 1,3 milliard de dollars engagé par le groupe en Algérie. Outre l’automobile, des demandes d’agrément ont été soumises pour la construction d’une usine de produits sidérurgiques ainsi que de sept unités spécialisées dans la fabrication de tuyauterie, de résine PVC, de fibre optique, de systèmes d’irrigation pivotants et de transformateurs électriques.

Les autorités algériennes ont accueilli favorablement ces démarches. Elles travaillent actuellement à réserver l’assiette foncière industrielle nécessaire et à finaliser les procédures réglementaires d’attribution. Parallèlement, trois nouvelles unités de production sont entrées en exploitation au cours de l’année 2026. Dédiées aux câbles de données, aux isolants électriques et aux transformateurs secs, ces infrastructures inédites en Algérie affichent un taux d’intégration nationale de 80 %, grâce notamment à l’utilisation d’acier produit localement. Le groupe étudie également la possibilité de construire une usine d’aluminium, tirant parti des opportunités du secteur énergétique tout en répondant aux enjeux de décarbonation.

Objectif : 30 millions de dollars d’exportations

L’ambition d’Elsewedy dépasse les frontières algériennes. En ciblant une vingtaine de destinations, dont les États-Unis, l’Italie, l’Arabie saoudite ou le Chili, le groupe entend faire de l’Algérie un hub d’exportation régional. Selon le quotidien *L’Algérie d’Aujourd’hui*, 25 % de la production locale sera dédiée à l’international, générant entre 25 et 30 millions de dollars annuels.

Seul producteur local de câbles haute tension (jusqu’à 220 kV), l’industriel a déjà permis à l’Algérie d’économiser plus d’un milliard de dollars en importations. La fabrication des câbles de 60 kV apporte, à elle seule, un gain supplémentaire de 700 à 800 millions de dollars. S’appuyant sur un partenariat renforcé avec Sonelgaz, cette dynamique accélère le transfert de compétences et consolide le positionnement de l’Algérie comme plateforme industrielle et logistique majeure.