Visas Schengen : l’Europe doit accélérer sa modernisation

Le World Travel & Tourism Council (WTTC) a publié un rapport le vendredi 9 octobre 2026 appelant l’Union européenne à accélérer la modernisation de sa politique de visas pour préserver sa compétitivité face aux autres destinations touristiques majeures. L’organisation estime que l’accès à l’Europe demeure trop complexe pour les voyageurs issus de pays soumis à obligation de visa, malgré la reprise des flux internationaux. Pour y remédier, le WTTC demande aux États membres de l’espace Schengen de faciliter davantage l’octroi des titres de séjour, d’augmenter le nombre de visas à entrées multiples et de hâter le déploiement du futur visa numérique.

Le secteur touristique met en lumière un recul significatif des visas à entrées multiples, instruments pourtant essentiels pour les voyageurs fréquents. En 2025, les États Schengen n’ont délivré que 5,3 millions de ces visas, représentant environ 40 % de moins qu’en 2019. Cette baisse se traduit par une part dans l’ensemble des visas délivrés qui est passée de 59 % avant la pandémie à 51,7 % en 2025. Le WTTC considère que cette tendance peut limiter les voyages répétés vers l’Europe, alors qu’un visa à entrées multiples permet à son titulaire de revenir plusieurs fois dans l’espace Schengen pendant sa durée de validité sans soumettre une nouvelle demande à chaque déplacement. L’industrie plaide donc pour un recours plus large à ce type de titre, notamment pour les voyageurs réguliers disposant d’un historique de déplacement fiable.

Vers une procédure entièrement numérisée d’ici 2030

La seconde réforme majeure attendue concerne la numérisation complète de la procédure d’obtention du visa. À terme, les voyageurs pourront déposer leur demande en ligne via une plateforme européenne commune, transmettre leurs documents et effectuer les démarches administratives sans multiplier les procédures nationales distinctes. Le visa lui-même deviendra également numérique, remplaçant progressivement la vignette physique actuellement apposée dans le passeport. La Commission européenne souligne que ce système doit simplifier les démarches, réduire les coûts administratifs et limiter les risques de fraude liés aux supports physiques.

Le calendrier de mise en œuvre reste toutefois progressif, avec une digitalisation complète des procédures prévue d’ici 2030. En pratique, l’objectif du nouveau dispositif est de supprimer certains trajets physiques actuels liés au dépôt de dossiers. Dans le cadre de l’élaboration de cette réforme, la Commission européenne avait chiffré les économies potentielles pour chaque demandeur à près de 31 euros, un gain attribué surtout à la diminution des allers-retours et des contacts avec des tiers externes. La collecte des empreintes biométriques demeure néanmoins requise dans certaines situations, spécifiquement pour les nouveaux postulants ou lorsque les données existantes ne sont plus exploitables.