Au cours du premier semestre 2026, l'Algérie est devenue le deuxième fournisseur d'essence de la France, devançant tous les autres pays sauf les Pays-Bas. Ce changement de hiérarchie s'explique par la reconfiguration des circuits d'approvisionnement en pétrole à l'échelle mondiale, elle-même provoquée par la fermeture du détroit d'Ormuz.
Cette montée en puissance algérienne s'inscrit dans une réorganisation majeure des circuits d’approvisionnement européens. La part de l’Europe dans les importations d’essence françaises est passée de 83 % en 2025 à 66 % au premier semestre 2026. À l’inverse, la contribution de l’Afrique a presque triplé, passant de 6 % à 17 % sur la même période. Dans ce nouveau classement, l’Algérie devance l’Italie et les États-Unis, qui se situent quasiment à égalité avec environ 5,1 % de parts chacun, avant la Chine et Singapour, qui représentent un peu plus de 1 % chacun.
Conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz
Ce basculement intervient dans le sillage de la fermeture du détroit d'Ormuz, une voie maritime essentielle qui a été neutralisée dès le déclenchement du conflit au Moyen-Orient le 28 février 2026. Comme ce chenal assure le transit d'environ un cinquième de la production mondiale d'hydrocarbures, il continue de figurer parmi les principales inquiétudes des dirigeants français.
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L’Algérie conserve ainsi une place centrale dans la sécurité énergétique française, notamment via le gaz naturel. Elle demeure le quatrième fournisseur de gaz du pays, avec une part de marché en valeur de 11 % en 2024, contre 8 % en 2019. Sur les dix premiers mois de 2024, le gaz algérien a représenté 10,1 % des importations gazières françaises en valeur, soit 2,05 milliards d’euros. La France est devenue le premier client des exportations de gaz naturel algériennes, comme l’a souligné Yacine Aït Ouffella, correspondant de Rupture à Alger : « Les exportations de gaz naturel #algérien vers la #France ont connu une progression spectaculaire ces derniers mois, hissant le pays à la tête des client de l'Algérie. » En 2024, les importations totales d’hydrocarbures en provenance d’Algérie s’élevaient à 6,2 milliards d’euros, constituées à près de 90 % par des hydrocarbures naturels et des produits pétroliers raffinés. Le pétrole brut algérien, quant à lui, représentait 9,8 % des importations françaises de brut en valeur sur les dix premiers mois de 2024, avec 3,66 millions de tonnes livrées.