Selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), l'Algérie conserve sa position de première économie du Maghreb. Son produit intérieur brut (PIB) est évalué à 331 milliards de dollars en valeur nominale, un chiffre qui lui permet de maintenir une place de choix dans le quatuor de tête des économies africaines. Cette estimation s'accompagne d'une singularité notable : l'endettement extérieur du pays reste inférieur à 1 % de la richesse produite, un ratio rare parmi les économies émergentes.
Cette mise à jour s'inscrit dans une dynamique de révisions haussières successives. Déjà en avril, les équipes du Fonds avaient ajusté à la hausse leurs estimations pour l'Algérie, portant le taux de croissance attendu de 2,9 % à 3,8 % sur une période de six mois. Cet écart de 0,9 point reflète une appréciation désormais plus optimiste de l'évolution économique du pays.
Une croissance diversifiée et une souveraineté financière préservée
Le compartiment hors hydrocarbures progresse d'environ 4 %, porté par deux moteurs principaux : les récoltes agricoles et les industries de transformation. Lors de sa mission de juin, le FMI avait salué les réformes structurelles engagées par les autorités algériiennes, insistant sur le développement des filières agricoles et minières. Les experts recommandaient alors de poursuivre dans cette voie pour attirer davantage d'investissements privés, voyant dans ces résultats la preuve que le virage économique amorcé par Alger commence à produire des effets mesurables.
La donnée la plus remarquable du document reste l'endettement extérieur quasi nul. En restant sous la barre symbolique de 1 % du PIB, l'Algérie ne dépend d'aucun créancier étranger pour financer ses équilibres budgétaires. Cette position protège le pays des chocs liés aux taux d'intérêt internationaux ou aux tensions sur les marchés obligataires, lui laissant une marge de manœuvre que ses voisins n'ont pas. Cette autonomie s'accompagne d'une volonté de diversifier les instruments de financement interne, illustrée par le succès des premières émissions de *sukuks* souverains et par la sortie de l'Algérie de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI).
Un leadership régional confirmé face à des trajectoires contrastées
Au niveau continental, trois pays affichent encore un produit intérieur brut supérieur à celui d'Alger. L'Afrique du Sud se place en tête avec 479,96 milliards de dollars, devant l'Égypte (429,65 milliards) et le Nigeria (377,37 milliards). L'Algérie complète ce groupe de quatre économies avec un total de 331 milliards.
Ce leadership régional avait été confirmé début mai, lorsque les économistes du Fonds avaient validé la progression du PIB algérien vers l'objectif des 400 milliards fixé par le président Tebboune. En parallèle, le rapport ajuste les prévisions pour les partenaires régionaux. Le Maroc voit sa croissance ramenée à 4,5 % pour 2026, en recul de 0,4 point, puis à 4,2 % l'année suivante. À l'inverse, l'Égypte bénéficie d'un rehaussement de 0,5 point pour l'exercice 2025-2026, atteignant 5,1 %, avant de redescendre à 4,7 % sur la période suivante. Ces mouvements contrastés rappellent que les trajectoires nord-africaines obéissent à des logiques distinctes. Pour Alger, l'enjeu se déplace désormais vers la consolidation, avec pour prochain test la transformation de ces agrégats favorables en créations d'emplois et en gains concrets de pouvoir d'achat.