PLF – 2027 : un mécanisme d’ajustement des carburants plutôt qu’une hausse immédiate

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 fait l'objet d'un débat intense au sein de l'Assemblée nationale, notamment concernant son incidence sur le pouvoir d'achat. Face aux interrogations soulevées par la disposition relative aux carburants, le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, a clarifié la portée de cette mesure lors de sa présentation devant la Commission des finances et du budget. Il a affirmé que l'inscription de cette clause ne se traduit pas par une augmentation immédiate des prix à la pompe, mais vise à instaurer un cadre réglementaire permettant un ajustement futur des tarifs selon des critères précis.

Un mécanisme d'ajustement plutôt qu'une hausse automatique

La disposition incluse dans le PLF 2027 crée un mécanisme d'ajustement modulable, susceptible d'être orienté aussi bien à la hausse qu'à la baisse, en fonction de paramètres rigoureusement encadrés. Cette approche a été validée techniquement par Bachir Messaitfa, ancien ministre délégué chargé des Statistiques et de la Prospective et président de la Fondation « Sinaat Al-Ghad ». Intervenant sur Echorouk News dans l'émission Ghorfat Al-Akhbar, l'expert économique a insisté sur la nature technique du texte : « Le texte ne prévoit aucune augmentation immédiate ou directe des tarifs à la pompe. La disposition insérée constitue avant tout un cadre réglementaire offrant une marge de révision budgétaire et technique. » Pour Messaitfa, cette latitude juridique permet aux autorités d'opérer des ajustements progressifs en réponse à l'évolution de la conjoncture, des coûts de production, de raffinage et de distribution, sans engager une majoration tarifaire instantanée.

Une stratégie fiscale axée sur la numérisation et les recettes non pétrolières

Au-delà de la question des carburants, le gouvernement cherche à mobiliser des ressources supplémentaires pour garantir le financement des dépenses publiques et la poursuite des grands chantiers de développement, tout en luttant contre l'évasion fiscale. Dans ce cadre, Sid Ahmed Louahadj, directeur général de la prévision et des politiques au ministère des Finances, a détaillé devant la commission le cadrage macroéconomique pour la période 2027-2029. La feuille de route présentée repose sur l'élargissement de l'assiette fiscale, la lutte contre la fraude, l'amélioration du recouvrement et la modernisation de l'administration fiscale via l'accélération de la numérisation. L'objectif prioritaire est le développement des recettes hors hydrocarbures afin de résorber le déficit financier.

Les parlementaires ont réagi à ces exposés en soulevant plusieurs préoccupations concernant la soutenabilité du déficit budgétaire et la précision des prévisions de croissance. Ils ont également interrogé le gouvernement sur l'impact potentiel de la hausse de certaines taxes à la consommation sur le quotidien des citoyens. Le débat a porté sur la nécessité de trouver un équilibre entre la maximisation des recettes de l'État et le maintien d'un climat fiscal attractif pour les investisseurs. Les interventions des députés ont enfin abordé l'encadrement du système de fiscalité volontaire pour prévenir les risques de blanchiment d'argent, le règlement des créances des entreprises, la résorption des retards dans les chantiers publics ainsi que le soutien aux exportations hors hydrocarbures.