Alger-Centre : l’ex-maire et un promoteur condamnés dans le dossier des 1 400 logements

Le tribunal de Bir Mourad Raïs a rendu son verdict dans une affaire immobilière majeure impliquant l’ex-maire d’Alger-Centre, identifié sous les initiales A.B., et un promoteur immobilier, N.L. Selon le quotidien El-Khabar, l’élu a été condamné à quatre ans de prison pour abus de fonction, tandis que le promoteur a écopé de sept ans de réclusion criminelle pour escroquerie. Ce dossier concerne un programme de 1 400 logements en formule promotionnelle (LSP) dont la construction n’a jamais démarré sur le territoire de Saoula.

N.L., qui devait réaliser les immeubles, est accusé d’avoir encaissé les versements de familles algéroises pendant que le terrain restait vacant. Les sommes perçues variaient entre 80 et 150 millions de centimes par souscripteur, selon les dossiers. Cette opération, présentée comme une solution logement pour des centaines de ménages, s’est soldée par une attente prolongée, des protestations et le dépôt de plaintes successives. Le parquet avait requis en octobre dernier sept ans de détention contre l’ancien élu, avant une mise en délibéré de plusieurs jours.

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Près d’un millier de victimes se sont constituées parties civiles

Sur les 1 400 bénéficiaires initialement inscrits, environ un millier figure au dossier judiciaire en qualité de victimes. Les autres ont accepté une alternative proposée par la wilaya et la circonscription administrative : un basculement vers des dispositifs publics de type LPA. Une solution formellement contestée par les plaignants. Des sources citées par El-Khabar évoquent un nombre de lésés supérieur aux chiffres officiels, estimant entre 1 400 et 2 000 personnes ayant versé une première tranche. Le promoteur aurait multiplié les engagements verbaux, gonflant artificiellement la liste au-delà de la capacité d’absorption du programme.

Lancé il y a neuf ans, le projet prévoyait une construction sur une assiette foncière à Saoula, avec une liste d’attente s’ajoutant aux attributaires retenus. Aucun chantier n’a été ouvert depuis 2016. En exigeant l’accès aux documents administratifs, les souscripteurs ont identifié des blocages qu’ils considèrent comme délibérément entretenus. Le reproche d’abus de fonction formulé à l’encontre de l’édile sortant cible directement ce fonctionnement : un enchaînement de validations, de choix stratégiques et de mutismes qui a laissé le dossier piétiner dans l’indifférence générale. Cette stagnation prolongée, qui dure depuis douze ans, pèse lourdement sur des ménages qui ont parfois misé leur patrimoine accumulé toute une vie.

Une séquence judiciaire plus large contre les détournements de fonds publics

Le verdict de Bir Mourad Raïs s’inscrit dans une dynamique judiciaire plus vaste. Les juridictions algériennes enchaînent les procès visant des responsables locaux et des opérateurs économiques accusés d’avoir détourné des marchés ou siphonné des deniers publics. À Béchar, par exemple, des peines allant jusqu’à sept ans de prison ferme ont sanctionné un scandale de 60 milliards de centimes autour du renouvellement des conduites d’eau. Plus près d’Alger, la Cour a confirmé les condamnations dans le dossier de la Résidence d’État du Sahel, où élus communaux et entrepreneurs se sont retrouvés mêlés aux mêmes qualifications pénales.