En Algérie, l’impôt sur le revenu global (IRG) ne s’applique plus aux salaires et pensions dont le revenu imposable mensuel ne dépasse pas 30 000 dinars algériens (DA). Au-delà de ce seuil, des mécanismes d’abattement viennent réduire la charge fiscale, selon les précisions de la Direction générale des impôts (DGI). Un régime spécifique, plus avantageux, est réservé aux travailleurs handicapés et aux retraités du régime général, qui bénéficient d’une réduction de l’impôt jusqu’à un revenu imposable de 42 500 DA par mois.
La détermination de l’impôt mensuel repose sur le barème en vigueur, fixé à l’article 104 du code des impôts directs et taxes assimilées. Cette grille, entièrement révisée par la loi de finances 2022 et appliquée depuis janvier de la même année, comprend six tranches avec des taux progressifs allant de 0 % à 35 %. La loi de finances 2026 n’a modifié cet article que pour les revenus des capitaux mobiliers ; la partie relative aux salaires demeure inchangée. Le projet de loi de finances 2027 ne prévoit, quant à lui, aucune modification du barème actuel.
L’assiette imposable correspond au revenu après déduction des cotisations de sécurité sociale, et non au salaire brut ou net perçu. Le barème annuel publié par la DGI se décline ainsi en équivalents mensuels :
– Jusqu’à 240 000 DA par an (20 000 DA/mois) : taux de 0 % ;
– De 240 001 à 480 000 DA (20 001 à 40 000 DA/mois) : taux de 23 % ;
– De 480 001 à 960 000 DA (40 001 à 80 000 DA/mois) : taux de 27 % ;
– De 960 001 à 1 920 000 DA (80 001 à 160 000 DA/mois) : taux de 30 % ;
– De 1 920 001 à 3 840 000 DA (160 001 à 320 000 DA/mois) : taux de 33 % ;
– Plus de 3 840 000 DA (plus de 320 000 DA/mois) : taux de 35 %.
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Exonération totale et premiers abattements
Les revenus imposables n’excédant pas 30 000 DA par mois sont totalement exonérés d’IRG. Cette règle s’applique indistinctement aux salariés, aux retraités et aux travailleurs handicapés. Un salaire brut légèrement supérieur à 30 000 DA peut donc rester exempt d’impôt si les cotisations sociales le ramènent sous le seuil d’exonération. Le bulletin de paie permet de vérifier le montant exact du revenu imposable.
Dès que le revenu imposable dépasse 30 000 DA, l’administration fiscale calcule l’impôt selon le barème, puis applique un abattement de 40 % sur le montant obtenu. Cet abattement est plafonné entre 1 000 DA et 1 500 DA par mois. Pour un revenu imposable de 40 000 DA, l’impôt théorique s’élève à 4 600 DA (soit 23 % de la tranche comprise entre 20 000 et 40 000 DA). Après application de l’abattement maximal de 1 500 DA, la retenue effective est ramenée à 3 100 DA.
Pour éviter une rupture brutale de la charge fiscale juste au-dessus du seuil d’exonération, un second mécanisme intervient pour les revenus compris entre 30 001 et 35 000 DA. La DGI applique alors la formule suivante : IRG = IRG après premier abattement × 137/51 − 27 925/8. Ce calcul fait passer l’impôt de presque zéro à 30 001 DA pour rejoindre progressivement le niveau normal à 35 000 DA. Au-delà de cette limite, seul l’abattement de 40 % demeure applicable.
Régime spécifique des retraités et travailleurs handicapés
Un traitement fiscal distinct est accordé à deux groupes spécifiques : les travailleurs handicapés (moteurs, mentaux, non-voyants ou sourds-muets) et les « travailleurs retraités du régime général ». Pour les revenus imposables situés entre 30 001 et 42 500 DA, un abattement supplémentaire s’applique selon la formule : IRG = IRG après premier abattement × 93/61 − 81 213/41.
Ce dispositif ne se cumule pas avec l’abattement de la tranche 30 001-35 000 DA mentionnée précédemment. Il ne constitue pas une exonération totale, mais une réduction significative de l’impôt dû. Au-delà de 42 500 DA, ces contribuables relèvent du même barème que l’ensemble des salariés. Cette évolution marque une nette amélioration par rapport à la situation antérieure : jusqu’à fin 2020, l’article 68 du code des impôts n’exonérait ces catégories que jusqu’à 20 000 DA. La loi de finances 2021 a abrogé cette disposition, avant que la loi de finances 2022 ne crée le mécanisme actuel inscrit à l’article 104.
Le texte vise expressément les « travailleurs retraités du régime général ». Les pensionnés relevant d’autres régimes doivent donc vérifier leur situation auprès de leur caisse ou de leur centre des impôts. La même retenue à la source s’applique aux pensions versées à des personnes domiciliées hors d’Algérie.