Le Parlement européen examine actuellement deux démarches destinées à renforcer le statut juridique de Ceuta et Melilla. La première, déclarée recevable sous la référence 1448/2025 par la commission des pétitions, vise à aligner ces deux territoires sur celui des régions ultra-périphériques. Cette qualification permettrait d’adapter les dispositifs financiers, fiscaux et institutionnels communautaires aux réalités géographiques spécifiques de ces enclaves, consolidant ainsi leur intégration européenne.
Parallèlement, l’eurodéputé Juan Ignacio Zoido a saisi la Commission européenne concernant la représentation cartographique des frontières. Il demande à Google de corriger les tracés affichés sur Google Maps. Madrid conteste l’utilisation de lignes en pointillés, qu’elle considère comme une assimilation inappropriée de ces limites souveraines à des zones contestées. L’Espagne exige un tracé continu, conforme au droit international, et rappelle que Cesuta et Melilla, exclues du protectorat marocain de 1912 à 1956, ne figurent pas sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU.
Le sommet européen confirme la solidarité des Vingt-Sept avec Madrid
Selon le quotidien *El País*, le projet de déclaration du prochain sommet européen qualifie Ceuta et Melilla de seuls points de passage terrestres de l’Union européenne vers le continent africain. Ce texte associe cette position à une pleine solidarité institutionnelle avec Madrid.
Cette évolution transforme la manière dont la question territoriale est traitée. Face à Madrid, le Maroc n’affronte plus seulement un contentieux bilatéral, mais doit désormais composer avec la cohésion affichée par les organes européens. Selon les experts en géopolitique, cette solidarité communautaire paralyse les tactiques d’intimidation aux abords des frontières et rappelle que les limites historiques, validées par le droit international, demeurent intangibles.