Incendies criminels : le MDN détaille le plan de sabotage

Le ministère de la Défense nationale (MDN) accuse Amir Boukhors, alias Amir DZ, d’avoir orchestré les incendies criminels et les actes de sabotage qui ont frappé l’Algérie cet été. Dans une vidéo promotionnelle diffusée sur ses canaux officiels, l’institution militaire présente des aveux recueillis auprès de plusieurs individus arrêtés. Ces derniers identifient directement Amir Boukhors comme le commanditaire d’opérations visant à compromettre la sécurité et l’intégrité du territoire national.

Ces éléments factuels seront approfondis dans un documentaire intitulé « Dévoiler les manœuvres de la trahison… et les fils de la collaboration ». La diffusion de cette production est prévue aujourd’hui sur les chaînes de la télévision publique ainsi que sur les plateformes officielles du ministère. L’objectif affiché est de détailler les mécanismes de recrutement et les instructions données aux exécutants de ces actes de déstabilisation.

Une stratégie fondée sur la manipulation sociale

Selon les éléments présentés par le MDN, les personnes interpellées ont été instrumentalisées pour mener à bien des missions spécifiques : incendies de forêt, destruction de richesses nationales et atteintes aux ressources du peuple algérien. Le mode opératoire décrit repose sur l’exploitation de la précarité sociale et de l’appât du gain. Le ministère souligne que le recrutement s’est appuyé sur « Des promesses mensongères de richesse et des illusions sous forme d’aides ». Ces incitations, proposées depuis l’étranger, auraient servi à attirer des individus chargés d’accomplir des actes de sabotage sur le sol algérien.

Cette révélation intervient dans le contexte immédiat des feux dévastateurs qui ont touché plusieurs wilayas durant l’été, avec un bilan particulièrement lourd enregistré à Jijel. À la fin du mois d’août, les flammes ont ravagé de vastes étendues forestières, détruit des habitations et causé des pertes humaines considérables. Les wilayas de Béjaïa et de Tizi Ouzou ont également subi des dégâts majeurs. Le 27 août, Saïd Sayoud, alors ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, avait communiqué un premier bilan faisant état de 12 morts et 54 blessés dans ces trois provinces.

Un objectif politique au-delà des destructions

La simultanéité de plusieurs départs de feu avait conduit les autorités à lancer des enquêtes approfondies pour en déterminer les causes exactes. Sur le terrain, la Protection civile, les unités de l’Armée nationale populaire (ANP) et d’autres intervenants avaient été mobilisés pour contenir les flammes et protéger les populations. À Jijel, les destructions ont frappé des familles entières, des villages et un patrimoine forestier déjà fragilisé.

Dans sa présentation, le ministère de la Défense nationale affirme que la finalité de ces opérations dépasse la simple destruction matérielle. Il soutient que « ces actes visaient à servir les intérêts de ceux qui les alimentaient et à exécuter leurs instructions, dans le but de semer la division et de créer un climat d’insécurité et d’instabilité au sein de la société algérienne ». Le documentaire annoncé entend exposer les ramifications entre des acteurs opérant depuis l’étranger et les personnes recrutées localement. Les séquences intégrales des aveux et les éléments complémentaires de l’enquête seront dévoilés lors de la diffusion officielle sur les supports audiovisuels du ministère.