Le taux de pauvreté multidimensionnelle en Algérie s'établit à 1,4 %, selon le dernier rapport mondial de l'Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle (IPM), publié le 12 octobre 2026. Cette mesure, élaborée conjointement par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l'Université d'Oxford, place le pays au troisième rang en Afrique derrière les Seychelles et la Tunisie, parmi les nations affichant les niveaux de privation les plus faibles.
Cette estimation repose sur des données collectées entre 2018 et 2019, période durant laquelle environ 598 000 personnes étaient considérées comme touchées par cette forme de pauvreté. En actualisant les estimations démographiques, le rapport évalue à environ 646 000 le nombre de personnes concernées en 2024. Il convient de préciser que ce chiffre ne résulte pas d'une nouvelle mesure du taux de pauvreté en 2024, mais d'une projection démographique appliquée au taux initial. Le document note également que 3,6 % de la population algérienne est classée comme vulnérable à la pauvreté multidimensionnelle, une catégorie distincte de celle des individus répondant déjà au seuil de pauvreté défini par l'indice.
Une méthodologie fondée sur dix indicateurs
L'indice mondial de pauvreté multidimensionnelle diffère de la pauvreté monétaire, qui s'appuie principalement sur le revenu disponible. La méthodologie adoptée par le PNUD et l'Initiative Oxford sur la pauvreté et le développement humain examine plusieurs privations simultanées au sein des ménages. Elle intègre dix indicateurs répartis en trois domaines : la santé, l'éducation et les conditions de vie.
Les critères étudiés incluent notamment l'accès à l'eau potable et à l'électricité, les conditions de logement, la fréquentation scolaire, la nutrition et la mortalité infantile. Une personne est qualifiée de pauvre multidimensionnellement lorsque les privations cumulées atteignent au moins un tiers du score pondéré total des indicateurs. En Algérie, l'éducation pèse pour 49,3 % dans l'ensemble des carences comptabilisées, devant la santé (31,2 %) et les conditions de vie (19,5 %). Il convient de préciser que ces ratios illustrent l'architecture de l'indice et ne mesurent pas directement la proportion de citoyens dépourvus d'éducation ou d'accès aux soins.
Positionnement africain et hiérarchie des pays
L'Algérie se classe troisième en Afrique parmi les pays les moins touchés par la pauvreté multidimensionnelle. Elle devance l'Égypte (1,5 %) et la Libye (2 %). L'Afrique du Sud occupe la sixième place avec un taux de 6,3 %, suivie du Maroc à la septième position (6,4 %), de l'Eswatini à la huitième (7,9 %), du Gabon à la neuvième (8,6 %) et de Sao Tomé-et-Principe (11,7 %).
Cette performance range l'Algérie parmi les États africains qui limitent le plus efficacement les déficits liés à la santé, à l'instruction et au cadre de vie. D'après cette mesure onusienne, le territoire national se distingue ainsi comme l'un de ceux où la précarité multidimensionnelle est le moins fréquente sur le continent.