Gaz algérien : net repli des exportations GNL

L’Algérie a vu ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) chuter à leur niveau le plus bas depuis treize ans au troisième trimestre 2026. Les volumes expédiés vers les marchés internationaux se sont établis à 1,57 million de tonnes, marquant un repli significatif par rapport aux 2,14 millions de tonnes observés sur la même période en 2025. Cette baisse de 27 %, équivalente à 570 000 tonnes de moins sur un an, contraste avec la relative stabilité des livraisons par gazoduc vers l’Europe, qui ont progressé légèrement.

Selon les données publiées le 18 octobre 2026 par le média spécialisé Attaqa, ces chiffres confirment que le volume trimestriel atteint constitue le plus bas enregistré depuis au moins 2013. Le recul est encore plus marqué par rapport au deuxième trimestre 2026, durant lequel l’Algérie avait exporté 2,41 millions de tonnes de GNL. La diminution atteint ainsi 35 %, soit 840 000 tonnes. Sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année, les exportations algériennes s’élèvent à 6,02 millions de tonnes, contre 6,92 millions de tonnes entre janvier et septembre 2025, représentant une baisse globale de 13 %.

Des contraintes internes et techniques pèsent sur les volumes disponibles

Pour Ahmed Chawki, directeur de l’Unité de recherche énergétique, ce repli s’explique par la conjonction de trois éléments : une moindre acheminement de gaz vers les unités de liquéfaction, la hausse de la demande nationale en électricité ainsi que des travaux d’entretien planifiés sur le complexe gazier d’Arzew, qui ont eu lieu en août 2026.

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Le responsable souligne que la consommation nationale de gaz a particulièrement augmenté durant les mois de juillet et août, principalement pour répondre aux besoins liés à la production d’électricité. Cette hausse de la demande intérieure réduit mécaniquement les quantités disponibles pour la liquéfaction et l’exportation. D’après les données de l’Unité de recherche énergétique, le gaz naturel représente 99 % de la production d’électricité en Algérie. Le développement des capacités de production solaire vise notamment à diversifier les sources d’énergie utilisées dans le pays afin de soulager cette pression sur le réseau.

En parallèle, les flux de gaz algérien transitant par canalisations vers l’Europe ont conservé un niveau stable. Le débit quotidien s’est établi à 78 millions de mètres cubes durant le troisième trimestre 2026, un chiffre légèrement supérieur aux 77 millions de mètres cubes enregistrés sur la même fenêtre temporelle l’année précédente.

La Turquie consolide sa place de premier importateur

Ankara conserve sa position de principal acheteur du GNL algérien, ayant réceptionné 700 000 tonnes au cours du troisième trimestre 2026. Ces quantités correspondent à près de 45 % du total des exportations algériennes de GNL sur cette période. Les volumes livrés à la Turquie affichent une progression de 11 % comparativement au troisième trimestre 2025, où ils se situaient à 630 000 tonnes.

La France occupe la deuxième place avec 390 000 tonnes, contre 520 000 tonnes un an auparavant, soit une diminution de 25 %. L’Italie arrive en troisième position avec 200 000 tonnes, enregistrant une baisse de 57 % par rapport aux 470 000 tonnes importées au troisième trimestre 2025. À l’inverse, les exportations vers la Croatie ont augmenté de 117 %, passant de 60 000 à 130 000 tonnes sur un an. Enfin, 150 000 tonnes ont été expédiées vers d’autres destinations, notamment l’Espagne et le Royaume-Uni, qui ont chacun réceptionné une cargaison de 60 000 tonnes.