Oran : 200 kg de denrées périmées saisis dans le cadre de l’offensive anti-spéculation

À Oran, les forces de sécurité ont démantelé un entrepôt clandestin dissimulé dans un garage privé, où étaient stockés près de deux cents kilogrammes de denrées alimentaires périmées ou impropres à la consommation. Cette opération s'inscrit dans une offensive judiciaire et réglementaire plus large lancée par le président Abdelmadjid Tebboune pour briser les monopoles occultes et protéger le pouvoir d'achat des citoyens face à la flambée artificielle des prix de la viande.

Démantèlement d'un dépôt clandestin à Oran

L'intervention a été menée par les éléments de la quinzième sûreté urbaine, agissant sur la base de renseignements précis. Les enquêteurs ont investi ce local qui fonctionnait en marge de toute légalité sanitaire. L'inspection des lieux, réalisée en étroite collaboration avec le parquet d'El Othmania, la direction du commerce, l'inspection vétérinaire et l'Organisation nationale de protection du consommateur (ONPC), a révélé des conditions de stockage jugées alarmantes au sein de trois chambres froides et de quatre réfrigérateurs.

Le bilan de cette descente fait état de la saisie de 126 kilogrammes de fruits de mer surgelés périmés, de près de quarante kilos de viande hachée avariée, de quatorze kilos de merguez surgelées aux conditions douteuses ainsi que de près de quatorze kilos de gambas royales d'origine totalement inconnue. Au total, 193,65 kilogrammes de produits carnés et halieutiques ont été confisqués et détruits. Sur place, les services de contrôle ont également constaté de graves infractions réglementaires, notamment la présence d'un extincteur périmé, confirmant l'absence totale de normes sécuritaires de base dans cet espace clandestin.

Offensive présidentielle contre la spéculation et les intermédiaires

Ce dossier local s'inscrit dans un contexte national tendu, où la hausse du coût de la vie et les fraudes constituent désormais une priorité absolue. Récemment, lors d'un Conseil des ministres, le chef de l'État a dénoncé les actes illicites commis par certains intermédiaires et opérateurs. À cet effet, Abdelmadjid Tebboune a instruit Sifi Ghrieb, Premier ministre, de lancer sans délai une enquête approfondie ciblant les importateurs de viandes. Ces acteurs sont accusés de mener des stratégies spéculatives, de créer des monopoles artificiels et de maintenir des tarifs indûment élevés.

L'enquête doit permettre d'éclaircir un phénomène vivement contesté par les usagers : la revente, à des prix exorbitants identiques à ceux de l'élevage local ovin et bovin, de viandes importées initialement subventionnées ou achetées à moindre coût afin d'assurer la régulation du marché. Par ailleurs, le président a réclamé des clarifications concernant les écarts de prix non justifiés constatés entre différentes wilayas, voire entre quartiers distincts pour un même produit. « Il est impératif de nettoyer les circuits de distribution et de briser les rentes de situation qui asphyxient les ménages », soulignent les analystes économiques, notant que ces dysfonctionnements compromettent les initiatives gouvernementales visant à préserver la stabilité sociale.

Pour éradiquer durablement ces pratiques, le gouvernement a reçu instruction de préparer un projet de loi spécifique visant à encadrer de manière drastique l'activité des intermédiaires, accusés de gonfler artificiellement les prix entre le producteur et l'étal du boucher. En attendant l'adoption de ce texte législatif, des mesures d'urgence ont été déployées sur l'ensemble du territoire national. Le plafonnement des marges bénéficiaires est désormais activé, tandis que les effectifs des brigades mixtes de contrôle sur le terrain ont été doublés. Parallèlement, un système de suivi numérique quotidien a été mis en place pour veiller à la stricte application des grilles tarifaires.