Lundi dernier, lors d'une réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, ancien chef du gouvernement marocain et actuel secrétaire général de la formation, a prononcé une remarque qui a immédiatement déclenché une polémique. La cible de cette interjection, rapportée par le média algérien Echorouk, était Mustafa El Ibrahimi, député dont la mère est d'origine algérienne. Alors que son nom venait d'être proposé pour réciter des versets du Coran en ouverture de la séance, Benkirane a lâché, selon les témoignages recueillis : « Même si sa mère est algérienne, il sait lire le Coran ? ».
L'ancien dirigeant politique a justifié son propos par une intention humoristique, précisant qu'il n'avait aucune volonté de discréditer le peuple algérien, sa tradition religieuse ou son héritage de résistance. Il a par ailleurs rappelé que l'Algérie regorge d'hafizs du Coran et jouit d'un long parcours de combat.
Une controverse élargie par les réactions mémorielles
La réaction des internautes a rapidement dépassé le cadre strict de la déclaration prononcée en séance. De nombreux commentaires ont rappelé la place centrale des femmes algériennes dans l'histoire du pays, notamment leur rôle déterminant pendant la guerre de libération nationale. Ces rappels historiques ont contribué à élargir la portée de la controverse, transformant une dispute interne à un groupe parlementaire en un débat public sur les relations entre les deux pays voisins.
Pour répondre aux accusations, Abdelilah Benkirane a clarifié sa position via un communiqué relayé par Arabi21. Il a assuré n'avoir jamais eu l'intention de blesser la foi des Algériens ni de remettre en question leur dévotion à l'islam.