La Muqaddima d’Ibn Khaldoun : quatre pays s’unissent pour l’UNESCO

La Muqaddima d’Ibn Khaldoun est candidate au Registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO. Quatre pays – l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et la Turquie – ont joint leurs efforts pour soutenir cette candidature.

L’annonce a été faite par la délégation permanente tunisienne auprès de l’organisation, suite à une coordination d’un an menée par la Tunisie. Cette démarche collective vise à dépasser les contestations relatives à la paternité de la figure historique du XIVe siècle. Les quatre pays reconnaissent que l’œuvre d’Ibn Khaldoun appartient à une aire civilisationelle partagée, transcendant les frontières territoriales.

Candidature commune de quatre pays à l’UNESCO

Le dossier a été déposé au titre du cycle 2026-2027 du Registre « Mémoire du monde », programme de l’UNESCO dédié au patrimoine documentaire, notamment les manuscrits, archives et fonds rares. La Tunisie a pris l’initiative de la coordination il y a un an, avant d’associer ses partenaires. Les quatre pays défendent la valeur historique et scientifique de ce texte, considéré comme l’acte de naissance de la sociologie et de l’analyse des sociétés. Rédigée au XIVe siècle, la Muqaddima propose une lecture des cycles de puissance, du fait urbain et de la cohésion sociale, des concepts qui continuent d’influencer la recherche contemporaine.

En juin dernier, l’Algérie a récupéré un manuscrit du XVIIe siècle mis en vente aux enchères à Paris, une opération qualifiée de victoire de la diplomatie culturelle. Les comités d’experts de l’UNESCO évalueront l’authenticité, la rareté et le rayonnement universel du manuscrit. Le résultat de cette évaluation sera rendu public lors du Conseil exécutif de l’UNESCO, prévu au printemps 2027.

Tiaret : le berceau de la pensée khaldounienne

La région de Tiaret, dans la province de Frenda en algérie, est considérée comme le berceau de la pensée khaldounienne. C’est dans cette région que Ibn Khaldoun s’est retiré pour écrire sa Muqaddima, profitant d’un environnement propice à la réflexion. Les acteurs locaux plaident pour une valorisation touristique et scientifique accrue du site, en raison de la renommée internationale de l’auteur.

La Muqaddima d’Ibn Khaldoun est au cœur d’une candidature commune à l’UNESCO, impliquant l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et la Turquie. Cette initiative collective, coordonnée initialement par la Tunisie sur une période d’un an, vise à inscrire le texte fondateur du XIVe siècle au Registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO. Ce programme, axé sur le patrimoine documentaire plutôt que sur les monuments, prend en compte des éléments tels que les manuscrits, les archives et les fonds rares.