La prise de parole de Benjamin Netanyahu devant l’Assemblée générale des Nations unies, jeudi à New York, a été marquée par un départ massif de délégations. Alors que des dizaines de représentants ont quitté la salle au moment où le Premier ministre israélien s’apprêtait à prononcer son discours, les délégations de plusieurs pays arabes, dont le Maroc, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont choisi de rester dans l’hémicycle. Les images ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, montrant de nombreux représentants quittant leurs sièges avant l’intervention de Netanyahu, en réaction à des protestations et des manifestations de désaccord. Un décompte relayé après la séance faisait état de 77 pays absents ou ayant quitté la salle.
À l’ONU, l’hémicycle se vide avant le discours de Netanyahu
Ce mouvement s’est produit dans le contexte de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, qui continue de provoquer une forte mobilisation internationale. Les relations entretenues par certains États arabes avec Israël, notamment dans le cadre des accords d’Abraham, font l’objet de critiques croissantes. Les Émirats arabes unis et le Maroc ont rétabli officiellement leurs relations avec Israël en 2020, ce qui a entraîné un renforcement progressif des relations diplomatiques et des échanges entre Rabat et Tel-Aviv. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est également exprimé dans le cadre de la même session de l’Assemblée générale.
Dans son intervention, Bourita a notamment évoqué la lutte contre ce qu’il a qualifié d’« extrémisme violent ». Cette prise de parole a suscité des critiques de la part de ceux qui considèrent que l’accent mis sur les actions de la résistance palestinienne détourne l’attention de la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza. La présence de la délégation émiratie à l’intérieur de la salle était particulièrement notable, compte tenu de la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et Israël. Les deux pays ont développé des liens dans plusieurs secteurs, notamment le commerce, les investissements, l’énergie, les technologies, le tourisme et la coopération sécuritaire.
Parallèlement, le Premier ministre israélien a présenté une opération controversée menée au Liban, en brandissant devant l’Assemblée générale un appareil de type « pager ». Cette opération, qui avait provoqué la mort de plusieurs personnes et fait près de 3 000 blessés, selon les données citées dans le texte à l’origine de cette polémique, a ajouté une nouvelle dimension à son intervention. La délégation émiratie et celle du Maroc se sont maintenues dans la salle pendant cette présentation. Cette juxtaposition a exacerbé les tensions et alimenté les critiques envers les pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël. Le décompte de 77 pays doit toutefois être compris comme un recensement des délégations absentes ou ayant quitté la salle, et non comme la preuve que les 77 ont toutes organisé simultanément un départ collectif.