Le ministère du Commerce intérieur et de la régulation du marché national a fixé un plafond de 90 dinars algériens (DA) le kilogramme pour la pomme de terre vendue au détail. Cette décision, prise le 1er octobre 2026, s’accompagne d’une fourchette tarifaire obligatoire entre 60 et 70 DA à la sortie de l’exploitation, visant à encadrer strictement la filière. L’instruction ministérielle, adressée aux directions régionales et de wilaya, découle des arbitrages rendus ce même jour par un conseil interministériel.
Une grille tarifaire imposée de la production à la vente
Pour éviter les manipulations artificielles des cours, l’administration a établi deux barèmes distincts couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur. Les producteurs sont tenus de céder leur récolte dans une plage comprise entre 60 et 70 DA le kilo, un seuil instauré pour protéger la base productive. En aval, le prix consenti au consommateur final ne peut excéder 90 DA, avec une limite basse fixée à 80 DA. Ces valeurs ont été déterminées après consultation des organisations professionnelles, des agriculteurs et des gestionnaires de chambres froides, acteurs clés dans la formation du prix final.
Le contrôle s’étend à l’ensemble de la chaîne, depuis les lieux de collecte jusqu’aux boutiques de quartier. Dans leur zone d’intervention, c’est aux directeurs régionaux du commerce qu’incombe la charge directe de veiller à l’application de ce mécanisme.
Une mesure face à la hausse généralisée des denrées alimentaires
Le calendrier de cette intervention répond à une flambée des prix observée ces dernières semaines pour divers produits de première nécessité, allant de la tomate aux œufs en passant par la viande blanche. Le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, avait publiquement dénoncé ces hausses qu’il jugeait injustifiées, évoquant des comportements de cupidité pesant sur le pouvoir d’achat des ménages. Face à cette situation, les associations de consommateurs appellent à une régulation anticipée plutôt qu’à des réactions d’urgence. L’organisation Himayatec a ainsi réclamé fin septembre une approche préventive, estimant que l’attente d’une flambée pour intervenir se solde toujours par un coût élevé pour les familles.