L’Algérie ambitionne d’intégrer l’acier laminé à froid dans la chaîne de production automobile dès 2027, marquant une étape décisive dans le renforcement de sa souveraineté industrielle. Le président Abdelmadjid Tebboune a confirmé cette trajectoire samedi lors de sa rencontre hebdomadaire avec les médias nationaux, soulignant que cette pièce maîtresse est « très rare » et que « l’Algérie est parmi les seuls pays au monde à maîtriser la fabrication ». Cette annonce valide une dynamique déjà en cours, où les capacités sidérurgiques nationales se développent pour accompagner la montée en puissance des usines de montage de véhicules, notamment celles produisant des modèles Fiat.
Lancement du complexe de laminage à froid
La mise en œuvre de cette stratégie repose sur des infrastructures concrètes, à l’image de l’usine sidérurgique de Tosyali située à Bethioua, près d’Oran. Depuis mars, le groupe y déploie sa quatrième phase d’investissements stratégiques, qui inclut un complexe de laminage à froid occupant une surface de 500 000 m². Cet équipement vise une capacité de production annuelle de 1,8 million de tonnes. Une première bobine d’acier décapé et huilé, identifié comme produit PO, a déjà été sortie des lignes de production. L’ensemble des installations devrait atteindre son fonctionnement complet au cours du quatrième trimestre de l’année en cours, préparant ainsi l’alimentation des ateliers de moulage des châssis et des structures métalliques.
Parallèlement au développement de la filière acier, le secteur de la plasturgie automobile connaît une accélération notable. L’unité de production de General Plastic Injection (GPI), implantée à Tissemsilt, a été inaugurée en septembre dernier. Cette structure est chargée de fabriquer les composants et accessoires plastiques nécessaires au montage des véhicules. Le calendrier d’intégration est strictement calé sur l’échéance de 2027, conformément aux orientations précédemment définies par le chef de l’État pour développer cette filière spécifique.
Fin des importations de pièces plastiques
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a fixé un terme précis à la dépendance vis-à-vis de l’étranger : le 31 décembre constitue la date butoir pour l’arrêt des importations de pièces plastiques destinées à la fabrication et au montage automobile. Dès le début de l’année suivante, les composants pouvant être réalisés localement devront obligatoirement être fournis par l’unité GPI de Tissemsilt. Cette unité dispose d’une capacité annoncée de 251 000 pièces par an, une volumétrie destinée à équiper environ 200 000 véhicules.
En soulignant l’importance d’une intégration locale effective pour les industriels de l’automobile, le président Tebboune a réaffirmé cette orientation lors de ses dernières prises de parole. Le taux plancher de 40 % se profile ainsi comme un standard obligatoire, tant pour les fabricants actuellement opérationnels que pour les nouveaux entrants envisageant un implantation sur le territoire algérien. Cette contrainte redonne sa pleine valeur aux capitaux investis dans la sidérurgie, la transformation des plastiques et le développement plus large du tissu de sous-traitance domestique.