La Cour d’Alger a rendu les premiers verdicts de peine de mort fondés sur la loi 25-03 du 1er juillet 2025, relative à la prévention contre les stupéfiants et les substances psychotropes ainsi qu’à la répression de leur usage et de leur commerce illicites. Ces condamnations touchent neuf individus, dont trois étaient présents lors de l’audience et six qui ont été jugés en leur absence.
Le dossier examiné concerne des quantités de drogues rarement vues devant les juridictions algéroises, incluant 113 kilogrammes de cocaïne et 225 030 comprimés de prégabaline. Ce médicament, détourné de son usage médical, est devenu l’un des produits les plus recherchés sur le marché parallèle des psychotropes, notamment auprès des jeunes consommateurs.
Un réseau organisé et des chefs d’accusation multiples
Les magistrats ont retenu contre les mis en cause le crime d’importation, de transport, de chargement, de stockage et de détention de drogues dures en vue de la vente, commis au sein d’un groupe criminel organisé. Cette qualification s’accompagne de circonstances aggravantes majeures, les agissements ayant été qualifiés d’atteinte à la sécurité nationale et de trouble à l’ordre et à la sécurité publics. Le crime de contrebande complète ce volet criminel.
S’y ajoutent plusieurs qualifications délictuelles : usurpation d’identité, entrée et séjour irréguliers sur le territoire, ainsi que blanchiment d’argent, un montage financier fréquent dans ce type d’organisations. Ces faits témoignent d’une structure complexe dépassant la simple détention.
Une tendance judiciaire vers une sévérité accrue
Ces verdicts s’inscrivent dans une dynamique de durcissement des sanctions. Au printemps dernier, les principaux cerveaux d’un réseau spécialisé dans l’importation illicite de stupéfiants avaient été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité dans un dossier impliquant 18 accusés et de importantes saisies de kif traité à Blida.
Il y a quelques semaines, la cour criminelle d’appel d’Alger avait validé une peine de vingt ans de réclusion à l’encontre du baron « Escobar » ainsi que de ses coaccusés. Ce qui distingue aujourd’hui les affaires en cours, c’est le type de sanction : il ne s’agit plus de la perpétuité, mais d’une condamnation capitale.
Sur les neuf condamnés, six étaient absents lors de l’audience. Ayant été jugés par contumace, ils sont visés par des mandats d’arrêt, tandis que les opérations visant à les localiser continuent tant sur le territoire algérien qu’à l’étranger.