Le projet de loi de finances pour 2027, adopté début octobre par le Conseil des ministres, ne prévoit pas d'augmentation des tarifs appliqués aux passagers quittant les aéroports algériens. En revanche, le texte modifie les modalités de perception d'une contribution existante, destinée à l'Agence nationale de l'aviation civile (ANAC). Cette mesure, inscrite à l'article 230 du projet qui amende l'article 217 de la loi de finances 2025, vise à ajuster les conditions d'application de cette redevance pour mieux tenir compte des contraintes techniques rencontrées par les compagnies aériennes.
La contribution concernée est officiellement désignée sous le nom de « redevance pour la protection des droits des passagers et les services rendus aux passagers ». Les montants en vigueur, établis par la législation de 2025, restent inchangés dans la proposition pour 2027. L'objectif affiché par le gouvernement est donc purement procédural : il s'agit de résoudre les difficultés liées à l'intégration de cette taxe dans les systèmes informatiques de réservation et de distribution utilisés par les transporteurs.
Des tarifs figés mais des délais techniques à intégrer
Le montant de cette contribution est déterminé par la destination finale et l'aéroport d'origine. À titre d'exemple, pour les départs internationaux depuis l'aéroport Houari-Boumediene d'Alger, la redevance s'élève à 400 dinars algériens (DA) par passager.
Lire aussi : PLF – 2027 : une redevance de 500 dinars/m3 pour le sable saharien
Sur les liaisons intérieures, la taxe atteint 100 DA pour les départs depuis les grands hubs nationaux, notamment Alger, Oran et Constantine. Elle est réduite à 75 DA pour les vols intérieurs au départ des autres plateformes. Le projet de loi de finances 2027 confirme que ces valeurs ne subiront aucune hausse. La modification législative proposée ne crée donc pas une nouvelle charge financière pour les voyageurs, mais réorganise le cadre administratif et technique de sa collecte.
Une coordination nécessaire avec les systèmes de distribution mondiaux
L'ajustement des modalités de perception répond aux besoins d'adaptation des systèmes mondiaux de distribution (GDS), utilisés par les compagnies aériennes pour commercialiser leurs billets et gérer les réservations. L'exposé des motifs du PLF 2027 souligne l'importance de la coordination avec l'Association internationale du transport aérien (IATA) pour créer les codes de perception appropriés et les intégrer dans les systèmes informatiques des transporteurs. Air Algérie participe activement à ce processus en lien avec les autres acteurs concernés par l'intégration de la redevance.
D'après les détails fournis, la mise en place des ajustements techniques a pris environ quarante jours. C'est seulement après l'intégration concrète du système que les transporteurs ont débuté le versement des fonds perçus. En conséquence, la date d'entrée en vigueur est fixée au 1er février 2025, ce qui permet de prendre en compte ce délai, au lieu d'une application rétroactive au 1er janvier de l'année en cours.