COP17 sur la biodiversité : Tebboune présente la stratégie verte de l’Algérie

À Yerevan, en Arménie, le président Abdelmadjid Tebboune a présenté le 16 octobre 2026 le bilan des actions menées par Alger dans le cadre de la 17e session de la Conférence des Parties (COP17) à la convention des Nations Unies sur la diversité biologique. Cette intervention, prononcée lors du « Sommet des dirigeants », s’inscrit dans une première étape d’évaluation des progrès réalisés depuis l’adoption du cadre mondial Kunming-Montréal. Le chef de l’État a détaillé une stratégie nationale actualisée, articulée autour de la relance du « Barrage vert », de l’extension des aires protégées et de la mise en service d’une infrastructure génétique majeure, tout en exhortant la communauté internationale à honorer ses engagements financiers envers les pays en développement.

Le contexte de cette conférence est défini par une urgence croissante face à l’aggravation des crises environnementales. Pour le président Tebboune, il s’agit de trouver un équilibre entre les impératifs du développement économique et la préservation de la biodiversité, notamment par la restauration des écosystèmes et l’exploitation rationnelle des ressources. « Notre conférence se tient dans un contexte international marqué par l’aggravation des crises environnementales et une prise de conscience accrue de la nécessité de trouver un équilibre entre les exigences du développement économique et la préservation de la biodiversité, à travers la restauration des écosystèmes et l’exploitation rationnelle et durable des ressources, » a-t-il souligné. Cette session marque ainsi le passage d’une phase d’engagements à celle de la mise en œuvre effective, avec pour objectif l’atteinte des cibles fixées à l’horizon 2030.

Une stratégie nationale actualisée et des infrastructures de résilience

L’Algérie a actualisé sa Stratégie et son Plan d’action national pour la biodiversité 2025-2030 afin de faire face à la désertification, aux feux de forêt et aux risques climatiques. Ce document, fruit d’une démarche participative, fixe 24 objectifs nationaux et 93 mesures opérationnelles. Concrètement, la protection s’appuie sur un réseau de 24 zones classées qui englobent des milieux marins, forestiers, montagnards, steppiques et sahariens. Le bilan écologique révèle l’existence de plus de 27 000 espèces vivantes, répartis entre 8 500 plantes et 18 000 animaux.

La politique environnementale s’appuie également sur des projets structurants. La relance du « Barrage vert » constitue un pilier central, visant à étendre une ceinture végétale sur 4,7 millions d’hectares pour servir de rempart naturel contre l’avancée des sables. Cette initiative intègre une dimension sociale et économique, générant des retombées pour les populations locales. Parallèlement, la préservation des parcs culturels a permis d’étendre le périmètre de protection nationale à près d’un million de kilomètres carrés. Dans le domaine agricole, Alger a rendu opérationnelle sa Banque nationale de semences. « En concrétisation de notre vision visant à préserver nos ressources génétiques et à sauvegarder le patrimoine végétal, nous avons opérationnalisé la Banque nationale de semences, qui constitue un nouveau jalon dans la voie de la réalisation du développement agricole durable et du renforcement de la sécurité alimentaire, » a précisé le chef de l’État, qui a également annoncé le lancement du projet de Musée national de la biodiversité.

L’exigence d’une solidarité financière internationale

Pour Alger, la crédibilité des accords internationaux ne se mesure pas aux déclarations faites dans les enceintes diplomatiques, mais aux actions concrètes menées sur le terrain. Le président Tebboune a insisté sur la nécessité d’un financement adéquat, conforme aux engagements convenus, ainsi que sur le transfert de technologies et le renforcement des capacités des pays en développement. Ces moyens doivent tenir compte des spécificités et des priorités nationales de chaque État. « L’Algérie est pleinement consciente que la crédibilité du cadre mondial Kunming-Montréal se mesure à ce que nous mettons en œuvre sur le terrain, et non à ce que nous déclarons dans les forums internationaux, » a-t-il conclu. L’Algérie réaffirme ainsi son engagement envers les objectifs de la Convention, espérant que les travaux de la COP17 aboutiront à des résultats concrets renforçant la coopération internationale au service d’un développement durable.