Production locale : l’Algérie fait chuter ses importations à 42 milliards de dollars

Lors de la rencontre nationale avec les opérateurs économiques, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé une réduction significative de la facture des importations. « Nous avons réduit la facture des importations à 42 milliards de dollars , alors que nous importions auparavant pour 62 milliards de dollars . » Cette baisse de 20 milliards de dollars traduit, selon le chef de l'État, une rupture avec l'ancien modèle économique caractérisé par des achats anarchiques et superflus antérieurs à 2019. L'exécutif présente cette évolution non comme une simple restriction budgétaire, mais comme le résultat d'une politique méthodique visant à préserver les équilibres financiers tout en consolidant la souveraineté économique du pays.

Leviers industriels et objectifs sectoriels

Ce recul de la dépendance aux marchés extérieurs s'appuie sur une montée en puissance de la production locale. Dans le secteur de l'énergie, l'Algérie a cessé totalement d'importer de l'essence et du kérosène. Le pays s'apprête à étendre cette autonomie au gasoil, dès la mise en service de la raffinerie de Hassi Messaoud. La dynamique est similaire dans l'industrie pharmaceutique, où la fabrication nationale couvre désormais 84 % des besoins en médicaments, y compris pour des pathologies lourdes telles que le cancer ou le diabète.

Cette reconquête du marché intérieur s'inscrit dans une transformation plus large du tissu économique, marquée par une progression continue de la contribution de l'industrie et de l'agriculture au produit intérieur brut. Des projets structurants accompagnent cette stratégie, notamment la filière automobile projetée pour 2028 et des investissements massifs dans l'agroalimentaire destinés à atteindre l'autosuffisance céréalière d'ici la fin de l'année 2027. Soutenue par l'assainissement du cadre juridique et la réorganisation des investissements via le guichet unique, cette approche ambitionne de substituer durablement la fabrication nationale aux achats à l'étranger. À l'horizon 2027, l'objectif gouvernemental demeure d'allier cette rigueur commerciale à la préservation du pouvoir d'achat, afin de mener à bien la transition vers une économie productive sans sacrifier le modèle social de l'État.