Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé ce dimanche un Conseil des ministres durant lequel il a imposé une série de mesures d'urgence destinées à stabiliser les prix et garantir l'approvisionnement des produits de large consommation. Au cœur de cette directive figure l'ouverture immédiate d'une enquête sur le marché de la viande importée, un secteur où certains importateurs sont soupçonnés de pratiques anticoncurrentielles.
Cette investigation, confiée au Premier ministre, vise à déterminer le rôle joué par ces acteurs économiques dans la hausse des tarifs. Les soupçons portent sur une monopolisation du stock de viande importée qui conduirait ensuite les bouchers à revendre cette marchandise au prix de la viande locale. L'enquête devra également examiner les disparités tarifaires observées entre les différentes wilayas, voire entre quartiers voisins, concernant cet aliment spécifique.
Encadrement des prix et contrôle renforcé
Pour réguler durablement le marché, le chef de l'État a exigé l'élaboration d'un texte juridique organisant strictement l'activité des intermédiaires de vente opérant entre les producteurs et les consommateurs. Par ailleurs, le ministère du Commerce intérieur est chargé de mettre en place un système de plafonnement des prix et de définition des marges bénéficiaires. Cette mesure concernera spécifiquement les légumes, les légumineuses, les pâtes et les viandes, en tenant compte des différentes chaînes de production et de commercialisation.
Sur le terrain, le ministère de l'Intérieur, en collaboration avec les walis, instaurera un mécanisme d'achat des excédents de production locale. Ces produits seront stockés pour être réinjectés sur le marché dès l'apparition des premiers signes de flambée des prix, afin de préserver le pouvoir d'achat des citoyens. Un suivi quotidien et décentralisé des tarifs sera assuré par les directeurs du commerce, sous la responsabilité directe des walis. Pour appuyer ces efforts, les brigades de contrôle des prix du ministère du Commerce intérieur verront leurs effectifs doublés et effectueront des descentes quotidiennes tout au long de l'année. Une base de données numérique, fruit de la collaboration entre l'Intérieur, le Commerce intérieur et le Haut-Commissariat à la numérisation, servira de système d'alerte pour intervenir rapidement en cas d'évolution anormale des prix.
Projets stratégiques et gestion de l'eau
Le Conseil des ministres a également abordé des dossiers d'infrastructure majeurs. Le président a qualifié le quai phosphatier du port d'Annaba d'enjeu régional et méditerranéen, ordonnant sa conquête et son exploitation dans les plus brefs délais. Dans le même élan, il a lancé le projet ferroviaire reliant Laghouat, El Menia, In Salah et Tamanrasset, dont le départ est programmé depuis Tamanrasset.
La question de l'approvisionnement en eau a fait l'objet d'une attention particulière. Les wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen sont classées en situation prioritaire et recevront au plus vite de l'eau dessalée. L'extension de cette solution à d'autres régions sera conditionnée par une étude technique au cas par cas, évaluant les ressources locales en eaux de surface et souterraines. Le gouvernement devra intégrer un contrôle strict des autorisations de forage de puits pour protéger les nappes phréatiques. Ces deux points figurent dans le projet de loi d'orientation agricole, qui sera examiné lors d'un prochain Conseil des ministres consacré spécifiquement à ce secteur.