Produits alimentaires : le gouvernement passe à l’offensive face aux grossistes

Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé une réunion du Conseil interministériel conjoint visant à examiner les modalités d'adhésion des mandataires des marchés de gros de fruits et légumes au nouveau dispositif de suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de première nécessité à l'échelle nationale. Cette initiative intervient deux jours après le dernier Conseil des ministres, durant lequel le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour préserver le pouvoir d'achat des Algériens, sérieusement ébranlé par la forte hausse des prix des légumes, des fruits et des viandes.

« En application des instructions et orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres et portant sur la régulation des prix des produits de large consommation, en vue de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé une réunion du Conseil interministériel conjoint consacrée à l’examen des modalités d’adhésion des mandataires des marchés de gros de fruits et légumes au nouveau dispositif de suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de première nécessité à l’échelle nationale », indique un communiqué du Premier ministère rendu public hier.

Un cadre structuré pour la transparence et la traçabilité

L'objectif affiché par les autorités est clair : « l’organisation de la commercialisation de ces produits dans un cadre structuré, selon une approche participative visant exclusivement à renforcer la transparence et à assurer la traçabilité des produits tout au long de la chaîne de distribution, du producteur au consommateur, tout en garantissant leur disponibilité régulière à des prix maîtrisés, dans l’intérêt du consommateur ». Pour ce faire, le gouvernement souhaite impliquer directement les acteurs du secteur. « Cette réunion s’est tenue en présence des ministres concernés, ainsi que du président de la Chambre nationale d’agriculture, du président de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) et de représentants des mandataires des marchés de gros de fruits et légumes », précise le communiqué.

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Dans le détail, « les préoccupations et les propositions formulées par les représentants des mandataires et des grossistes en fruits et légumes ont été examinées ». Cette démarche s'inscrit dans la continuité des exigences formulées par Abdelmadjid Tebboune lors du dernier Conseil des ministres, qui a exigé des mesures pour une stricte régulation du marché, en fixant surtout les marges bénéficiaires des différents intervenants dans le commerce des fruits et légumes.

Des directives présidentielles pour stabiliser les prix

Mercredi dernier, devant les opérateurs économiques, le chef de l'Etat a insisté sur la nécessité de réguler le marché. Il a rappelé l'importance « d’acheter les surplus de production auprès des agriculteurs afin de leur éviter des pertes, d’un côté, et de permettre, de l’autre, aux autorités de remettre cette marchandise sur le marché en cas de baisse de la production ». Face à l'inflation observée, il a martelé : « Il faut réguler le marché ».

Cette pression politique répond à une réalité économique tangible. Depuis le mois d'août dernier, les prix de plusieurs produits très demandés par les consommateurs en période estivale, dont les tomates, les carottes, le poivron et le piment, ont atteint des niveaux record. Le nouveau dispositif de suivi quotidien vise donc à corriger ces dérives en assurant un contrôle plus fin de la chaîne d'approvisionnement.