L’Algérie plaide pour une influence réelle de l’Afrique dans les décisions du Conseil de sécurité

L'ambassadeur de l'Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, a plaidé jeudi pour une restructuration profonde du Conseil de sécurité. Lors des travaux de la 81ᵉ session de l'Assemblée générale, il a défendu l'octroi au continent africain d'au moins deux sièges permanents, assortis du droit de veto, ainsi que de cinq sièges non permanents supplémentaires. Cette intervention s'inscrit dans le cadre des discussions sur la représentation équitable et l'élargissement de la composition de cet organe décisionnel.

Pour la diplomatie algérienne, la configuration actuelle du Conseil de sécurité souffre de limites structurelles qui ont réduit, à plusieurs reprises, sa capacité à répondre efficacement aux crises et aux menaces urgentes. Amar Bendjama a souligné que la réorganisation de l'institution doit impérativement prendre en compte les réalités africaines. Il a estimé que l'attribution de sièges permanents dotés de toutes les prérogatives reconnues aux membres actuels, notamment le droit de veto, constitue une condition essentielle pour que la présence africaine se traduise par une influence réelle dans les délibérations, plutôt qu'une simple augmentation numérique des représentants.

Une revendication ancrée dans le Consensus d’Ezulwini

Cette position s'appuie sur les références historiques de la diplomatie africaine, en particulier le Consensus d'Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Ces textes définissent la ligne commune des États du continent, qui défendent une représentation plus importante dans les catégories des membres permanents et non permanents. L'Algérie précise toutefois que son objectif dépasse la seule quête de sièges supplémentaires : il s'agit de permettre aux pays africains de participer pleinement aux décisions relatives au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le diplomate a insisté sur la nécessité de conférer à ces nouvelles places des pouvoirs de décision effectifs, alignés sur ceux des membres permanents actuels.

Le processus de réforme demeure complexe et nécessite un rapprochement des positions des États membres sur la composition et les prérogatives de l'instance. Amar Bendjama a rappelé que le Pacte pour l'avenir, adopté dans le cadre des travaux des Nations unies, réaffirme l'importance de moderniser l'organisation et de faire évoluer ses mécanismes afin de mieux répondre aux défis contemporains. L'Algérie estime que le renforcement de la légitimité, de la crédibilité et de la responsabilité du Conseil de sécurité passe par une plus grande considération accordée à l'Afrique, continent qui constitue un pilier essentiel de la communauté internationale et dont de multiples crises figurent au cœur des délibérations onusiennes en matière de paix et de sécurité. Le représentant permanent algérien a conclu en réaffirmant la disponibilité de son pays à travailler avec l'ensemble des États membres pour aboutir à une réforme globale et sérieuse, dans le respect de la position africaine commune.