Peine de mort pour trafic de drogue : deuxième condamnation confirmée

La Cour d’Alger a prononcé la peine de mort contre deux individus pour leur implication dans l’importation clandestine et la commercialisation de 144 kilogrammes de drogue de synthèse. Ce volume, équivalent à environ 235 000 comprimés d’ecstasy, illustre l’ampleur du trafic démantelé par les autorités algériennes. Cette sentence marque la deuxième application de cette sanction capitale par la juridiction algéroise depuis l’entrée en vigueur de la loi 25-03, promulguée le 1er juillet 2025.

Ce texte législatif, qui encadre la prévention des stupéfiants et des substances psychotropes, a considérablement durci le régime répressif applicable à l’usage et au commerce illicites de ces produits. En modifiant l’échelle des sanctions, la loi permet désormais aux magistrats de requérir la peine de mort contre les têtes de réseaux, là où les juridictions prononçaient auparavant des réclusions criminelles à perpétuité. Ce durcissement s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme pénale, incluant l’élargissement de la liste des crimes passibles de la peine capitale via une modification du code pénal publiée au Journal officiel.

Une jurisprudence confirmée et un contexte sécuritaire renforcé

La décision rendue contre les deux narcotrafiquants confirme la ligne judiciaire engagée par la Cour d’Alger, qui avait déjà rendu ses premiers verdicts capitaux sur la base de ce nouveau cadre légal. Dans un dossier antérieur, impliquant neuf personnes dont six jugées par contumace, la justice avait condamné les prévenus après la saisie de 113 kilogrammes de cocaïne et de plus de 225 000 cachets de prégabaline. Cette orientation avait été publiquement annoncée en septembre dernier par le ministre de la Justice, depuis Oran, qui a indiqué que la sanction capitale serait appliquée aux trafiquants tout en rappelant le maintien des garanties du procès équitable et l’épuisement des voies de recours.

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Les enquêtes menées ces derniers mois mettent en évidence des réseaux structurés, organisés autour de l’importation, du stockage, de la distribution et du blanchiment de capitaux. Au printemps dernier, un réseau de dix-huit prévenus avait ainsi été démantelé, ses principaux instigateurs ayant écopé de la réclusion criminelle à perpétuité. Les méthodes d’acheminement se diversifient également, exploitant vols commerciaux, bagages piégés ou conteneurs maritimes. Des saisies réalisées à l’aéroport d’Alger ont notamment révélé la dissimulation de dizaines de milliers de psychotropes dans des conserves alimentaires, témoignant de la sophistication des filières ciblées par la justice algérienne.