Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont exprimé des préoccupations communes concernant la sécurité de la navigation maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb. Cette situation est directement liée à l’action des forces houthis yéménites, qui contrôlent le détroit et menacent les flux commerciaux du canal de Suez et les exportations pétrolières d’Arabie saoudite.
Préoccupations croissantes concernant Bab el-Mandeb
Les deux dirigeants ont souligné l’importance de garantir la liberté et la sécurité de la navigation maritime dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Le président Sissi a réaffirmé le soutien de l’Égypte aux mesures prises par l’Arabie saoudite pour protéger sa sécurité et sa stabilité. Suite à l’offensive houthis en septembre, les combattants yéménites ont pris le contrôle du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, menaçant ainsi la circulation des pétroliers saoudiens vers les marchés asiatiques. Le ministère qatari des Affaires étrangères a souligné la "catastrophe" qu’une fermeture du détroit de Bab el-Mandeb représenterait, compte tenu des perturbations déjà causées par le blocage du détroit d’Ormuz.
Impact économique et géopolitique des tensions
La situation a conduit l’Arabie saoudite à dépendre davantage de l’Égypte pour l’exportation de son pétrole, principalement via l’oléoduc Sumed, reliant Yanbu à Aïn Soukhna puis Sidi Kerir. Cependant, les attaques houthis ont forcé la fermeture de l'oléoduc Est-Ouest, alimentant le port de Yanbu. Les perturbations commerciales dans le canal de Suez, conséquence de ces événements, ont entraîné des pertes économiques significatives pour l’Égypte. Le ministre égyptien des Affaires étrangères a déclaré que les pertes subies s'élevaient à 11 milliards de dollars, en raison de la baisse du trafic dans le canal de Suez.
La tension régionale s'est intensifiée, avec une demande de réunion au Conseil de sécurité des Nations unies pour discuter de la situation dans le détroit de Bab el-Mandeb. L'Iran a déclaré ne pas intervenir dans les affaires yéménites, affirmant que les Houthis agissaient de manière indépendante. Ces événements ont conduit l’Arabie saoudite à demander le report d’une réunion prévue avec l’Iran à Oman, initialement censée réunir les pays du Golfe. La situation dans le détroit de Bab el-Mandeb est inextricablement liée aux tensions régionales plus larges, notamment au conflit en Gaza.