Le ministre de l’Agriculture, Sid Ali Khaldi, a annoncé un « tournant » dans la politique agricole algérienne avec la révision de la loi d’orientation agricole. Cette initiative, portée par le président Tebboune, vise à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. La réforme s’appuie sur la loi de 2008, tout en intégrant des mesures immédiates visant à réduire les importations de céréales.
Révision de la loi d’orientation agricole : les objectifs du gouvernement
L’annonce a été faite lors d’une réunion le 28 septembre à Alger, rassemblant les directeurs des services agricoles des wilayas. Le ministre a défini quatre orientations principales pour la saison agricole 2026-2027 : produire davantage, produire mieux, protéger l’agriculteur et travailler à partir de données précises. Le ministère prévoit également l’extension des superficies emblavées et l’introduction de variétés de blé plus résistantes au climat. Des formations pour les agriculteurs et la mise en place d’une cellule de suivi technique dans chaque wilaya sont également prévues.
Le président Tebboune a exprimé son souhait d’une loi « plus efficace », capable d’orienter les cultures selon les besoins et de réduire les importations. Il a notamment demandé un bulletin mensuel de la production céréalière, un suivi par les walis, la numérisation immédiate du paiement des récoltes à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), un programme national de cartographie et d’étude des sols, ainsi qu’une collaboration étroite avec l’Office national des statistiques. Un avant-projet de loi avait été présenté en mars 2026, portant le nom de « loi d’orientation agricole et de souveraineté alimentaire ».
Cette loi, élaborée par le ministre Yacine El Mahdi Oualid, reposait sur plusieurs axes : le soutien à la production et à la performance des exploitations agricoles, la préservation des ressources génétiques locales en semences et en matériel génétique, la meilleure coordination de la production, du stockage, de la transformation et de la distribution, et l’adaptation au changement climatique.
La loi de 2008 et les nouvelles mesures pour le foncier
La loi de 2008, promulguée le 3 août 2008, avait déjà fixé l’amélioration de la sécurité alimentaire comme premier objectif. Elle prévoyait également des cartes agricoles, l’installation des jeunes et la relance des fermes pilotes. Elle instituait des schémas d’orientation agricole à l’échelle des wilayas, des régions ou du pays, et créait des observatoires de filières pour suivre la production et réguler les marchés. La loi de 2008 imposait également la concession des terres agricoles au profit des entreprises privées, par le biais de concessions de 99 ans, dont plus de 188 000 contrats avaient été signés au 1er janvier 2025, sur plus de 2,1 millions d’hectares. Un projet de loi sur le foncier agricole est également en cours de préparation.
La loi de 2008 interdit strictement l’utilisation autre qu’agricole des terres classées agricoles ou à vocation agricole, et punit cette infraction d’une à cinq ans de prison et d’une amende allant de 100 000 à 500 000 DA. Le défrichement des terres de parcours est également interdit, sous peine d’une à six mois de prison et d’une amende allant de 150 000 à 500 000 DA.
La réforme intervient après une récolte exceptionnelle de blé dur, qui a permis à l’algérie d’atteindre l’autosuffisance. Cependant, le pays reste dépendant des importations de blé tendre, utilisé pour le pain.